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28 avril 2012

Démenti

J'avoue, lecteur, j'ai menti.
(Et j'ai décidé de t'appeler "lecteur" aussi. J'ai passé une soirée à halluciner devant mes stats, je sais que tu es là.)

Alors que je t'avouais, il y a quelques articles, mon addiction à cette drogue qu'est la compote industrielle en étui plastique transportable, j'en ai parlé en la désignant comme "Pom'potes".

En vrai, c'est faux.

C'est des compotes Casino.

Je sais, tu te sens trahi.

Mais il faut bien me comprendre, au petit Casino, à côté de mon boulot, ils les vendent par boîtes de douze.
Sauf que "Pom'potes", c'est plus court à écrire.

26 avril 2012

C'est-à-dire ?

Alors que je me faisais faire un brushing digne d'une star de cinéma des années 50 (je vis très mal le fait qu'il n'ait duré que 24h. La séparation fut douloureuse), et après une question de la coiffeuse sur mes projets de vacances, elle a enchaîné en me demandant ce que je faisais.
"Sous-titreuse."
"C'est-à-dire ?"
Et là, je me suis trouvée bien con.

J'ai hésité une fraction de seconde à lui dire toute la vérité.

"Alors, quand j'arrive au travail, je vais voir mes collègues qui attribuent les programmes, je me mets à genoux, je pleure et je les supplie de me donner du travail. Là, elles regardent leur base de programmes et l'une d'entre elles me dit 'Je n'ai rien. Je peux te donner un Amour, gloire et beauté.' Je fais comme si j'étais contente et je retourne dans mon bureau tout au fond du couloir où on m'oublie tout le temps. Là, j'ouvre le logiciel. Je regarde la vidéo et au fur et à mesure, quand quelqu'un parle, je dis au logiciel 'Là, tu commences le sous-titre.' Quand le personnage arrête de parler ou qu'il y a un changement de plan, je dis au logiciel 'Halte là, manant, arrête-moi ce sous-titre'. Ensuite j'écris dedans 'Je t'ai trahi, j'ai couché avec ton fils' ou 'Ce n'était pas moi, c'était mon jumeau maléfique', selon le thème du jour. Et je continue jusqu'à ce que mort s'ensuive le programme soit fini. Quand j'ai fait ça sur tout le programme, on pourrait croire que j'en suis débarrassée. Mais non. Il faut que je regarde tout le programme en entier avec mes sous-titres et que je me rende compte en voyant mes fautes que, des fois, je ne sais vraiment pas écrire. On appelle ça la simulation.

Sinon, d'autres fois, quand je suis chez moi, je reçois des mails de ma-copine-en-Inde-qui-a-un-si-joli-prénom-même-si-au-début-je-croyais-que-c'était-un-prénom-de-mec pour me dire 'Hé, tu veux pas passer 3h à regarder les sous-titres d'une autre série merdique en plus de ta journée de travail ?' Alors je le fais, parce que dans mon travail, ça s'appelle du contrôle qualité et c'est payé 9 $ le programme de moins de 40 minutes."

J'avais mal dormi, elle avait presque fini le brushing et je doute que ma réponse l'aurait captivée plus que ça de toute façon.

Alors, j'ai juste dit :
"Euh, je sous-titre des programmes pour la télévision."

Et j'ai fait la fille fatiguée qui n'a plus envie de parler et qui se perd dans la contemplation de ses cheveux méconnaissablement beaux et brillants. (Ce qui était de toute façon assez proche de la réalité.)

24 avril 2012

The fault, dear Brutus, is not in our stars.

Il est des livres qu'on déguste à petites bouchées, qu'on fait durer, qui nous donnent du plaisir et qu'on repose sans trop de regrets.

Et il est des livres qu'on attend, qu'on a du mal à commencer, qu'on tourne et retourne délicatement comme un fragile bibelot, dont on admire longtemps la couverture, qu'on lit vite en redoutant toute interruption, qui nous bouleversent, qui nous laissent sonnés, des larmes sur les joues et rien que le poids d'un volume de 313 pages entre les mains.

"And if the inevitability of human oblivion worries you, I encourage you to ignore it. God knows that's what everyone else does." John Green, The Fault it Our Stars.

23 avril 2012

'Cause I've been to the mountaintop

Il y a un an, je venais de donner les 4 exemplaires de mes 2 mémoires bouclés, imprimés et reliés à Carole pour qu'elle les rende pour moi.

Il y a un an, je dormais sur un matelas pourri dans mon appartement strasbourgeois avec des cartons et mes affaires partout.

Il y a un an, je sortais juste de semaines passées à potasser la vie de Martin Luther King, à procrastiner pour ne pas avoir à essayer de faire tenir de l'anglais du 19e siècle dans 2 lignes de sous-titres de 39 caractères et à lever les bras en criant "I shall overcome" tout en m'accrochant à ce qu'il restait de ma santé mentale.

Il y a un an, je connaissais par cœur la vie de Martin Luther King ainsi que les circonstances de son assassinat et 3 paragraphes de son dernier discours.

Il y a un an, je me jurais de ne plus jamais relire Mansfield Park.

Il y a un an, je m'apprêtais à prendre le train pour Paris, à frôler la mort dans le RER B un samedi à 18 h avec 2 valises, un sac à dos et mon ordinateur et à vivre de folles aventures avec Virginie.

Il y a un an, je n'étais plus vraiment étudiante de master, pas encore stagiaire et je n'avais plus de chez moi.

Il y a un et un jour, je me posais à Montréal.

Il y a un an et deux jours, j'étais là :


Comment c'est possible, je l'ignore.

21 avril 2012

Tu veux la drogue ?

Suite à une question fort judicieusement posée récemment par ma coloc, à savoir "Est-ce que tu prends de la drogue ?" (Pour ma défense, j'étais en train de regarder Castle.)(Il ne fait pas bon être fan de Castle en ce moment.)(Sérieusement, Andrew, WTF ??? Faut arrêter de déconner au bout d'un moment et... Ahem. Pardon), et parce que les dictionnaires, c'est la vie, je suis allée demander à mon ami Petit Larousse son opinion sur le sujet.



Prenons la première définition, celle qui sied le mieux à mon propos.

La réponse à la question dépendra donc entièrement de si on considère ou non les Pom'potes comme de la drogue. Penchons-nous sur cette question épineuse.

D'après mon ami Larousse, une drogue est donc avant tout une substance psychotrope.
Toujours d'après mon ami Larousse, psychotrope veut dire "qui influe sur le psychisme" (faisons les choses bien ou ne les faisons pas.) Examinons la sous-titreuse avant et après l'ingestion de Pom'potes.
Avant : la sous-titreuse s'ennuie, elle dépérit face à son épisode de telenovela, ses yeux se ferment malgré elle, elle maugrée toute seule et passe plus de temps à regarder les bouchons sur le périph' qu'à s'intéresser aux trépidantes péripéties amoureuses de Victor-Emmanuel.
Après : la sous-titreuse renaît, ses doigts volent sur le clavier pour retranscrire les tendres déclarations d'amour d'Estrella Marina et Renan de Monteblois (qui est mexicain, bien sûr), elle a retrouvé son énergie et son goût de la vie.

Ensuite, d'après mon ami Larousse, une drogue est nuisible pour la santé. Je ne me suis pas penchée en détail sur la liste des ingrédients contenus dans les Pom'potes mais je suis à peu près sûre que ce n'est pas de la compote comme à la maison avec des pommes et rien d'autre.

Troisièmement, une drogue peut provoquer une toxicomanie ("comportement qui consiste à consommer, d'une façon habituelle ou périodique, un ou plusieurs produits psychotropes (drogues) susceptibles d'engendrer un état de dépendance")(les dictionnaires, c'est la vie, je vous dis). Je suis seule dans mon bureau environ 5h30 par jour mais si ma collègue était là en même temps que moi, elle pourrait témoigner de ma consommation "habituelle ou périodique" de Pom'potes.

Enfin, une drogue est consommée en dehors de toute prescription médicale.

Si vous connaissez un médecin qui est prêt à me prescrire des Pom'potes pour qu'elles soient remboursées par la sécurité sociale, ça m'intéresse. 

Article réalisé en collaboration avec le Petit Larousse 2008.

20 avril 2012

Un haiku pour ma coloc

Sherlock, Jane Austen,
The Violin and the Beard,
Deux tasses de thé.



Ca t'apprendra à me faire des coups pareils. (Ou pas.)