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31 mai 2013

Eternal life is super fun

Laisse-moi te parler de mon amour pour The Book of Mormon.
(Je précise direct que je parle bien de la comédie musicale, pas du livre.)(On sait jamais.)(Je n'ai pas eu d'épiphanie spirituelle récemment, je l'avoue.)(À part que j'offrirais volontiers mon âme à Dean, Liam, Crowley, Lucifer ou Elder McKinley s'ils me la demandaient mais là n'est pas le sujet.)
Y a des spoilers mais de toute façon, tu vas pas me croire. Et en plus, si tu vas la voir sans moi, je te tue. (Je regarde Hannibal maintenant, je suis passée pro en meurtre.)

C’est l’histoire de deux jeunes mormons (Elder Price et Elder Cunningham) fraîchement émoulus de leur camp d’entraînement dans l’Utah, envoyés en mission en Ouganda. Partis avec plein d’idéaux et de motivation, ils réalisent rapidement et par le biais de quelques expériences pas extrêmement sympathiques que les villageois qui les accueillent ont légèrement d’autres problèmes que de se convertir, là, tout de suite. En cadeau, un petit aperçu. Tu as le droit de passer mais c'est dommage.
Hello (C'est pas moi qui te dis bonjour, c'est le titre.)

Les comédiens sont fantastiques.
Ce n’est pas tout le monde qui peut être crédible en jeune mormon idéaliste affirmant à un impitoyable et terrifiant général ougandais : « I believe that in 1978, God changed his mind about black people » avant de se faire enfoncer son Livre de Mormon à un endroit que la décence m’interdit de citer. (J'ai peut-être oublié de préciser que les créateurs de South Park en sont à l'origine. Maintenant, tu sais.) Je ne te parle même pas de la voix de Elder Price sur la dernière note de "I Believe", des frissons que me collent "Sal Tlay Ka Siti" ou de Elder Cunningham qui se prend pour Bono. Et Elder McKinley mériterait une lettre d'amour à lui tout seul.


 (Elder McKinley qui n'a aucun problème à résoudre avec sa sexualité. Aucun.)

Je me suis marrée pendant deux heures (hormis deux ou trois petits moments moins rigolos quand même).
Alors, oui, bon, c'est vrai, ce n'est pas toujours de l'humour qui vole très haut (South Park, tout ça). Mais il faut bien le dire, ils peuvent se le permettre parce qu'à côté des blagues un peu potaches, il y a une vraie profondeur à toute cette histoire. Et oui, elles m'ont fait mourir de rire quand même. Je me rappelle d'ailleurs très bien des fous rires que j'ai piqués les premières fois que j'ai écouté les musiques en ne comprenant pas du tout ce qui se passait mais sérieusement, il a bien dit ce que je crois qu'il a dit ? (Dans 98 % des cas, la réponse était oui. Le reste du temps, c'était encore pire que ce que je croyais avoir entendu.)

Une vision saine et réaliste de l'Afrique
Les musiques sont parfaites.
Certes, je peux être bon public, surtout quand il s'agit de comédies musicales, mais j'ai quand même passé énormément de temps à écouter celle-ci. Je ne compte plus les soirées passées (attention, c'est la page j'ai trop une vie de fou, tu ne devineras jamais ce que je fais le samedi soir) à entonner de toute ma conviction d'athée "I Believe" à mon plafond, à inventer des chorégraphies (non, tu peux pas voir) sur "Tomorrow is a Latter Day" et à essayer de convaincre Bob de me faire son coming-out à coup de "Turn It Off". Qui plus est, maintenant que je sais exactement de quoi elle parle (le contexte, c'est merveilleux), je suis en mesure d'affirmer que "Sal Tlay Ka Siti" est une des plus belles chansons que je connaisse, sous ses airs badins.


I Believe - Andrew Rannels (ou comment je suis tombée amoureuse d'une comédie musicale.)

Le spectacle tout entier a été conçu sous l’influence de quelque substance illicite.
Les chorégraphies sont magnifiquement ridicules, la mise en scène est magique et je ne te parle même pas des guest stars surprises (spoiler alert : à un moment, il y a Dark Vador.)(Oui, oui.) Je ne sais pas par où commencer. Entre la vision de l'Afrique des petits mormons qui n'ont jamais quitté l'Utah, au rideau qui se lève sur un Ouganda traversé par un bonhomme qui traîne une carcasse d'âne, parce que pourquoi pas, à l'intervention de divers personnages de fictions dans l'imaginaire d'Elder Cunningham en passant par le rêve infernal mormonique d'Elder Price où se croisent Gengis Khan et des gobelets Starbucks, ils sont tous déchirés. TOUS.

Bonjour, nous sommes une comédie musicale sur les mormons.
Mais surtout, c’est brillant.
Derrière la déconnade et l’absolument politiquement incorrect, il y a un vrai message très joliment développé. Outre la réalisation un peu violente d'Elder Price qui découvre que : "L'Afrique, c'est pas du tout comme dans Le Roi lion !", tout le monde a un peu son lot d'épiphanies. Elder Cunninghm réalise qu'il n'est pas obligé de toujours suivre mais qu'il peut aussi être un leader, Elder Price comprend que ce n'est peut-être pas lui le héros de cette histoire, Nabulungi découvre que le paradis qu'elle recherchait n'est pas là où elle le croyait, les missionnaires prennent conscience qu'il y a plus important qu'un nombre de baptêmes en bas d'un rapport au président de la mission, etc. Et là où on pourrait voir d'abord de l'antireligieusisme (antireligionisme ?) primaire, le spectacle a été qualifié de "lettre d'amour d'un athée à la religion" et ça le définit assez bien. (Quitte à utiliser des qualificatifs en "anti", il est carrément plus antiaméricain qu'antireligieux.) Toute l'histoire repose en fait sur l'idée que, une fois sortie des principes et paraboles rigides et archaïques, quand elle prend la peine de s'adapter à chacun et que chacun se l'approprie, c'est là que la religion peut vraiment sauver des vies.
(T'as vu, y a un message et tout.)

Plus on est de fous, plus on peut sortir la choré qui tue.

20 mai 2013

Something Incredible

Non, bien sûr que je ne suis pas allée à Londres uniquement pour satisfaire la fangirl qui est en moi (et manger des crumpets).

Non,


vraiment


pas


du


tout.
 

30 janvier 2013

Le jeu des cinq différences

Ayant graduellement délaissé toutes les séries que je suivais au début de 2012, je les ai bien sûr remplacées par d'autres encore plus brillantes (en même temps, faire plus brillant que New Girl n'est pas non plus le défi du siècle). Du même coup, les divers et variés amours de ma vie (comprendre "personnages masculins complètement craquants pour qui tu quitterais famille et emploi") ont aussi changé.
Ainsi, je vous présente le top 5 (tous en chœur : les classements, c'est la vie) des personnages masculins qui ont marqué 2012, généralement par leur quasi-perfection et leur choupitude de compétition.
(Au passage, regarde ces séries. Elles sont merveilleuses.)

5) Peter Burke (FBI : Duo très spécial)
Peter, c'est un peu un nounours mais avec une plaque du FBI et un flingue. Même si les armes ne sont pas trop mon délire, j'ai toujours eu un faible pour les hommes de loi. Hors, non content d'être agent du FBI, Peter est aussi un peu l'homme parfait, le mari parfait, le flic parfait, l'ami parfait. Le plus gros point faible de Peter reste probablement Neal, mais bon on résiste difficilement à Neal, et que quatre saisons plus tard, il n'ait toujours pas compris que lui faire confiance, c'était courir à la catastrophe.

"Le jour, je suis agent du FBI, le soir, je mets une veste en cuir et les fangirls s'évanouissent."

4) Nico Careles (Necessary Roughness que je n'appellerai toujours pas par son titre français parce qu'il craint.)(Non mais, La Diva du divan, c'est nul. Juste nul.)(Techniquement je l'ai regardée en 2013 mais comme 2013 est encore tout jeune, on va faire comme si, tais-toi, si tu dis rien tu auras un Carambar, c'est bon.)
Parce que dans la vie, j'aime me tromper complètement au premier abord, bien sûr que j'ai commencé par rêvasser à Matt (omgod omgod, Marc Blucaaaaaas) et puis, j'ai réalisé qu'il y avait Nico. Nico avec ses grands yeux verts, Nico et son petit sourire, Nico et ses combines louches mais toujours (ou presque) au service d'une bonne cause ou des gens qu'il aime, Nico et sa barbe de trois jours permanente, Nico et son regard d'épagneul, Nico et sa jalousie, Nico et les douze photos de son chat Onyx dans son téléphone, Nico et son petit coeur brisé.

"Oui, je sais déjà tout sur toi et tes problèmes avec le fisc mais jamais tu n'oserais me trouver glauque."

3) Harvey Specter (Suits)
Alors, oui, au début de la série, j'ai cédé aux charmes de Mike Ross parce que je suis une proie facile pour le personnage choupinou légèrement boulet sur les bords. Seulement, voilà, plus la série avançait, plus il est apparu que, à l'instar de nombreux héros de série *tousse*scottmccall*tousse*, Mike est un peu un crétin. Alors que Harvey... Harvey est intelligent. Pardon, Harvey est brillant. Harvey est un requin et il le porte bien. Harvey a un sens de l'humour sarcastique comme je les aime. Harvey est incroyablement loyal même envers quelqu'un qui mérite à peine son attention (je parle de toi, Mikey). Harvey m'a tuée en interagissant avec une adorable fillette de six ans. Et Harvey a une fossette juste là.

*Cette photo n'a pas de légende pour cause d'incapacité temporaire de la rédactrice*

Pour le duo de tête, je tiens à préciser que ça s'est joué à un cheveu, même pas, à un truc plus fin qu'un cheveu près.

2) John Watson (Sherlock)
Si tu me connais en vrai, tu connais aussi mon bracelet à la gloire de John Watson et je ne porte jamais de bracelet à message gratuitement. (J'ai des grands principes, dans la vie.) En plus de plutôt bien gérer de se faire kidnapper à tous les épisodes, John est quand même vachement patient si on considère qu'il vit avec un sociopathe, mais aussi incroyablement loyal, comme les autres (tu sens un schéma ? Parce que moi oui, un peu), certes pas toujours très rapide à la détente et a des expressions faciales absolument magiques (merci, Martin Freeman.) En plus, il porte super bien la robe de chambre, ce qui n'est pas donné à tout le monde.

"Écoute pas mon abruti de coloc, parle-moi, je suis tout ouïe et regard pénétrant."
1) Rory Williams (Doctor Who)
Malgré la perfection que sont Rory et Amy ensemble, si jamais il venait à arriver malheur à la pauvre Amelia, d'une façon complètement accidentelle et imprévisible, je suis totalement prête à consoler le très choupinet, courageux, gentil, adorable, légèrement maladroit, loyal et ai-je mentionné totalement chou Rory. Accessoirement, il a survécu à avoir été effacé de l'univers. Accessoirement.

"Je meurs trois fois par saison mais je reviens toujours, ça fait plaisir aux fangirls."


P.S. : Je sais pas à quoi vous vous attendiez comme articles, mais vous êtes sur le blog d'une fille qui a abandonné
Anna Karénine, je fais ce que je peux. (Et accessoirement, je m'en remettrai un jour.)
P.P.S. : J'avais envisagé d'inclure les mini-séries de la BBC dans les séries en compétition, mais entre Knightley, Brandon, Darcy, Wentworth et Thornton, les autres n'avaient aucune chance. (Ah tiens, un deuxième top 5 en sus.)

17 janvier 2013

Brêve à casquette

Vous allez probablement pas tarder à regretter le temps où je ne savais parler que de Sherlock, mais Darcy est de retour dans The Lizzie Bennet Diaries, il est chou, il flirte, il fait des blagues, mes hormones n'étaient pas prêtes pour ça et je ne sais pas comment cette série pourrait être mieux écrite et jouée plus subtilement.

En plus, on se rapproche dangereusement de la fin et, même s'il se passe des choses merveilleuses à Pemberley, qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire quand ce sera fini ? (À part relire Orgueil et préjugés et revoir le film et la mini-série ?)

Regardez-vous dans les yeux un peu plus longtemps, I DARE YOU.

10 janvier 2013

Brêve pemberlesque

Je comprends qu'on puisse être légèrement décontenancé ou terrifié par l'investissement émotionnel que je peux mettre dans les séries que j'aime particulièrement.

Mais je tiens à dire qu'aujourd'hui, j'ai dû relire les sous-titres de Bob l'Éponge (kill meeeeeee) et sous-titrer un épisode d'Amour, gloire et beauté (kill me noooooooow) alors, oui, sauter partout dans mon appartement en ne retenant absolument pas des petits cris de joie après avoir vu le dernier épisode de The Lizzie Bennet Diaries ou trépigner d'impatience en ricanant quand ma coloc promet de m'envoyer des morceaux de fanfictions pleins d'angst et de choupitude, c'est un peu ma façon à moi de compenser les jours où le reste n'est pas aussi plein d'arcs-en-ciel et de paillettes que je le souhaiterais.

The Lizzie Trap, épisode 78.
Prosternons-nous tous devant Gigi Darcy.

Non et puis pardon, mais The Lizzie Bennet Diaries m'a tuée et je le vis parfaitement bien.
Parce que les acteurs qui jouent Lizzie, Darcy et Georgiana (Gigi, donc) sont absolument fantastiques et que Gigi s'est mis absolument tout le fandom dans la poche en étant trop adorable et en faisant ce qu'on rêvait tous absolument pas secrètement de faire depuis l'épisode 60 voire avant et non, je ne serai pas plus spécifique que ça, na, parce que j'ai décidé que je voulais fangirler, pas argumenter.
En plus, on en arrive à ce moment de l'histoire où, après une bonne dose de drama que j'attends avec impatience, tout ne va bientôt plus être qu'amour, regards langoureux, calèches et robes de fête, même si en l'occurrence, version 21e siècle, ça va plutôt être amour et regards langoureux toujours mais aussi balade en voiture dans San Francisco (où les collines sont rudes, hihihi) et déclarations enflammées sur Twitter (bon sang, notre génération a le sens du romantisme).
Bref, Lizzie Bennet, Gigi et William Darcy m'ont tuée et ça commence à faire beaucoup de choses qui me tuent cette semaine (j'ai aussi fini la saison 2 de Necessary Rougness que je refuse d'appeler par son titre français parce qu'il est ridicule et la saison 5 des Enquêtes de Murdoch et c'était pas beau à voir).

William Darcy et Lizzie Bennet, masters of awkwardness.

8 décembre 2012

Brêve

Je me demande au bout de combien de "Nooooooooon, Tonyyyyyyyyyyyyy !" je peux réussir à changer la fin de West Side Story par pure et simple volonté de l'esprit.

 West Side Story - Finale
(Toi aussi, brièvement, tu as eu le vague espoir qu'ils puissent se retrouver et que ça finisse bien ? Eh ben nooooon. Et pendant que tu cherches un truc à balancer à la tête de Chino, Shakespeare et Leonard Bernstein se tapent dans le dos en rigolant.)

2 octobre 2012

Run, run, run away

Le temps d'un week-end à Strasbourg, retrouver ses habitudes qu'on croyait oubliées et s'en créer de nouvelles, même en l'espace de trois jours.

Retracer ses propres pas et redécouvrir des endroits familiers d'un œil presque neuf.

Peut-être, même, s'asseoir un moment place d'Austerlitz avec un livre et se fondre dans la ville, écouter les gens vivre autour de soi et s'imaginer, juste une seconde, qu'on n'a pas un train à prendre le lendemain.

19 juillet 2012

Instinct

Parce qu’il arrive que suivre son instinct se révèle payant, je me suis retrouvée ce week-end à acheter sur un coup de tête une place pour L’Avare ce mercredi soir (hier, donc). Partie pour consulter le programme de Paris : Quartiers d’été par simple curiosité, je n’ai su résister à l’envie de réviser mes classiques.

Par Agatha Christie, cette idée s’est-elle révélée lumineuse.

Ainsi, sans aucune autre information que la nationalité afghane des comédiens et toujours un peu sous le coup du traumatisme MacBeth (oui, toujours…), me suis-je pointée avec Bilbo sous le bras dans un théâtre du 13e.

(Ceci est un article sans transitions et qui le vit bien.)

1) Le détail technique auquel je n’avais pas réfléchi (pourtant, c’était indiqué dans le programme) : qui dit troupe afghane, dit pièce en persan et dit surtitrage (c’est mieux). Cela tombait fort à propos pour que je puisse m'adonner à une petite étude de cas sur le terrain. (Une traductrice ne connaît pas le repos.)(« Han, là, y a une faute. »)(« Ah, je n’aurais pas découpé comme ça. »)(« Donc là, on peut aller se faire voir pour comprendre ce qu’ils racontent ? »)

2) La pièce était transposée dans l’Afghanistan d’aujourd’hui. Je peux vous garantir que Valère esquissant un petit pas de danse orientale pour redonner le sourire à Elise, ça fait son petit effet. Tout comme Harpagon reprochant à son fils de le ruiner par son équipage trop luxueux et pointant du doigt les Converse de ce dernier.

3) Le dénouement m’amène à la théorie suivante dont je ne démordrai pas : un soir où il était raide déchiré, le Docteur a sauté dans son Tardis, est parti chercher Molière, l’a ramené au 20e siècle et depuis, il écrit des scénarios pour Amour, gloire et beauté.

4) La mise en scène, oh, doux Sherlock, la mise en scène. J’en étais fatiguée pour le comédien jouant Harpagon. Je pense également que jamais représentation d'une pièce de Molière n'a mis en scène autant de bananes.

5) Je pense que le moment le plus… Je ne crois même pas qu’il y ait de mot pour décrire ce qu’a ressenti la salle lorsque Frosine, l’entremetteuse transsexuelle afghane s’est saisie de son téléphone portable et a proposé d’appeler le mollah Omar (« Non ! ») puis Barack Obama  (« Oui !! ») pour lui demander d’intervenir pour résoudre la situation matrimoniales des personnages principaux (où c’est un tout petit peu le bazar, je maintiens mon point 3)(Et je n’invente RIEN.) Je crois qu'on a retrouvé le brouillon de scènes que Jean-Baptiste nous avait cachées, le filou.

Je soupçonne Harpagon de consommer quelque substance illicite.

Mercredi soir, puisque j’ai cette fâcheuse tendance à oublier régulièrement que le théâtre, même en dose homéopathique, me rend tout de même la vie plus douce, j’en ai donc profité pour retomber amoureuse du théâtre et de Molière.

A l’avenir, je tâcherai simplement de me souvenir qu’écouter Avenue Q lorsqu’on déborde d'euphorie post-théâtrale n’est pas conseillé. En effet, je doute fort que quiconque ait envie de m’entendre piailler « If you were queeeeer, I’d still be heeeere » à 23h dans le métro.

Ah, et aussi, écrire des brouillons d’articles de blog pleins d’amour au verso de mon itinéraire GoogleMaps dans un métro qui bouge n’était pas l’idée du siècle.
(D’ailleurs, le monsieur assis en face de moi a eu l'air de penser qu’il était en train d’assister à la genèse d’un chef d’œuvre de la littérature. Désolée, monsieur.)

11 juillet 2012

La loi des séries

Lors d'une discussion avec une de mes collègues sur la supériorité des séries britanniques par rapport aux séries américaines (j'aime autant vous dire que les séries françaises étaient hors jeu dès le départ), un des arguments sur lequel nous sommes tombées d'accord était le penchant décidément moindre des Britanniques pour le happy-end et la mort méritée des méchants après un émouvant repentir yeux pleins de larmes dans les yeux pleins de larmes du héros.

En clair, ce qu'on préférait chez les séries britanniques, c'est que pléthore d'innocents y crèvent de façon totalement injuste, que les méchants n'y sont jamais vraiment morts et que le repentir, tu peux toujours l'attendre entre deux attaques visant à détruire tout l'univers (pour ne pas citer une certaine race de robots extraterrestres psychopathes).

Et tant qu'à partir sur le côté légèrement psychopathe des créateurs et scénaristes de séries britanniques, n'oublions tout de même pas que ce sont eux qui ont inventé le concept de série le plus SADIQUE au monde.

Ainsi donc, imaginons que le héros soit le dernier survivant d'une espèce dont la planète a été anéantie (avec, forcément, toute sa famille). Il voyage dans le temps et l'espace et sauve le plus de gens et de planètes possible. Il rencontre des gens, s'attache plus ou moins eux, certains meurent ou le laissent tomber, d'autres voyagent un temps avec lui mais finissent toujours par partir, il se sent responsable de tous les maux de l'univers qu'il ne parvient à guérir et de toute mort qui survienne en sa présence et va régulièrement déprimer face au sort de l'univers, notamment des humains qui sont de gros boulets et qu'il affectionne particulièrement.

Résultat, je te le donne en mille : tu t'attaches au bel acteur écossais qui joue le héros, qui parle à 200 à l'heure, saute dans tous les coins, a le plus joli sourire du monde (de l'univers) et BAM. Fin de la saison, tiens, ton acteur adoré s'en va et on va le remplacer par un petit Anglais absolument adorable qu'on t'arrachera de sous le nez d'ici 3 ou 4 saisons. Pareil pour ses amis qu'on changera de temps en temps et qu'on fera partir, si possible d'une façon à briser le cœur du héros, des téléspectateurs et de tout le monde au passage. Break ALL THE HEARTS.

Et ça fait 32 saisons que ça dure. Masochisme puissance un million, bonjour.

Les Britanniques, ce sont eux qui ont créé le personnage de Rory Williams, l'homme le plus adorable du monde (pardon, de l'univers) et qui le font mourir tous les trois épisodes. Qui fait ça ? QUI ?

Bonjour, je m'appelle Rory. Je suis adorable.

Et comme si ça ne suffisait pas, les petites merveilles qui nous viennent de chez eux comportent treize ou dix épisodes par an en te laissant sur les cliffhangers parmi les plus cruels de l'histoire de la télévision. Treize épisodes par an, que dis-je, trois épisodes tous les deux ans !

Cela dit, les Britanniques sont aussi les seuls à pouvoir sauver le monde et l'univers avec du thé (véridique).

Maintenant, promis, j'arrête de parler de Doctor Who, nommément ou de façon totalement subtile et détournée (et la subtilité, ça me connaît.)
Enfin, jusqu'à ce que je revoie la fin de la saison 4.

... pourrait être la devise des séries britanniques

3 juillet 2012

Le triomphe modeste

J'ai regardé "Le grand jeu", le dernier épisode de la saison 1 de Sherlock avec ma mère.

Lorsque l'écran noir est tombé et que le générique a commencé à défiler, elle s'est tournée vers moi avec un air anxieux pour me demander :
"Quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Mais c'est pire que The Practice !"
(The Practice, la série où des tueurs en série déguisés en bonne sœur poignardent des avocates.)

Un peu plus tard, elle a insisté :
"Mais tu l'as vue, la saison 2, toi ?"
"Oui."
"Alors, tu sais tout ! Bon, il faudra que tu nous offres la suite, alors."
(Cadeau de Noël des parents : check.)

Pour toutes les fois où mes parents m'ont regardée comme une hystérique, avec un air dubitatif chargé de sous-entendus quant à mon état mental, je tiens à dire que je JUBILE.



15 juin 2012

Quand on passe, pour la 2e fois en une seule semaine, la soirée à pleurer à chaudes larmes à cause d'un personnage fictif, extraterrestre qui plus est, il est sans doute plus que grand temps d'envisager sérieusement la thérapie.

Ou de maudire ses hormones.

Ma nouvelle passion dans la vie : les captures d'écran.
Oui, bon, et David Tennant.

4 juin 2012

Trust me, I'm the Doctor

"Je pourrais toujours essayer de regarder Doctor Who pour occuper le hiatus de 18 mois de Sherlock. De toute façon, c'est de la science-fiction, je ne vais sûrement pas aimer," se dit-elle innocemment par une belle matinée de juin.

"Je suis une idiote, je suis une idiote, je suis une idiote," se répéta-t-elle, deux saisons plus tard, alors qu'elle cherchait  frénétiquement un lien pour l'épisode suivant, ayant laissé son cœur quelque part entre les mondes respectifs de Rose et du 10e Docteur.

La BBC, c'est le mal, les enfants.

7 mai 2012

Message personnel

"We're just, you know, wrecking a little havoc."
Cher John Green,

Tu sais que je vous aime, toi et ta plume géniale, ton sens de la formule à pleurer de jalousie, tes adolescents perturbés et tes références obscures.

Alors, bordel, pourquoi est-ce que tu as décidé de foutre en l'air mes nuits avec tes livres brillants et absolument déchirants ?

Fuck it, ma nuit est foutue tant que je n'aurai pas fini ce livre et mon cœur git sur le tapis en bambou.

MERCI.

24 avril 2012

The fault, dear Brutus, is not in our stars.

Il est des livres qu'on déguste à petites bouchées, qu'on fait durer, qui nous donnent du plaisir et qu'on repose sans trop de regrets.

Et il est des livres qu'on attend, qu'on a du mal à commencer, qu'on tourne et retourne délicatement comme un fragile bibelot, dont on admire longtemps la couverture, qu'on lit vite en redoutant toute interruption, qui nous bouleversent, qui nous laissent sonnés, des larmes sur les joues et rien que le poids d'un volume de 313 pages entre les mains.

"And if the inevitability of human oblivion worries you, I encourage you to ignore it. God knows that's what everyone else does." John Green, The Fault it Our Stars.

20 avril 2012

Un haiku pour ma coloc

Sherlock, Jane Austen,
The Violin and the Beard,
Deux tasses de thé.



Ca t'apprendra à me faire des coups pareils. (Ou pas.)

31 mars 2012

I have too many feelings. Again.

Steve Thompson est un putain de génie.

J'ai passé 1h30 à ne pouvoir prendre une respiration complète.

J'ai ri, j'ai pleuré, j'ai contenu mes cris et mes exclamations.

J'ai planté mes ongles dans mes oreillers, dans mon sweat, dans mes bras.

Mon corps n'est qu'une masse de muscles contractés pour être restés prostrés trop longtemps.

J'ai eu la nausée.

Je me suis tassée contre mon mur en espérant disparaître à la seule vision de St Bartholomew's Hospital.

Je suis par terre.

Mise KO par quelques notes de musique.

13 mars 2012

Brêve

Ca fait à peu près 3 heures que j'ai lu que le tournage de la saison 3 de Sherlock ne commencerait que début 2013.

Ca fait à peu près 3 heures que j'enchaîne les épisodes d’À la maison blanche en essayant de me convaincre que ma vie a encore un sens.

Tumblr a une très mauvaise influence sur mon degré d'émotivité.

3 mars 2012

What's Next?

Pendant mon dernier week-end chez mes parents, j'ai chargé les coffrets des 7 saisons d'A la maison blanche dans mon sac pour les ramener. Parce que chez moi sans mes DVD d'A la maison blanche, c'est jamais complètement chez moi. Je me suis flingué le dos mais ça veut dire que j'ai pu regarder à nouveau la série depuis le fond de mon lit, avec la même fascination qu'au collège, malgré un nombre non négligeable de visionnages depuis ces 10-12 dernières années. (Et pourtant, mon PC persiste à les appeler "DVD inconnu". Inconnus ? Abruti.)


D'un juge de la Cour suprême qui rend des avis écrits en vers à un génocide dans un pays africain, la série passe du rire aux larmes et à la tension, accumule les répliques incisives et sarcastiques dont j'aimerais couvrir mes murs, mes meubles et mes rideaux pour vivre entourée de génie et d'intelligence. Des acteurs fantastiques, des scénarios brillants, des dialogues intelligents et une mise en scène étourdissante (en partie parce que suivre des personnages qui ont des conférences en arpentant des couloirs interminables, ça donne le tournis, mais en partie seulement), la recette de l'addiction.


J'arrêterai d'écrire à intervalles irréguliers de nouveaux articles pleins d'admiration et de passion absolument pas dissimulées pour cette série le jour où elle cessera d'être brillante.

Oh, A la maison blanche. Tu m'as manquée, vieille amie.


Episode 2x16 "Somebody's Going to Emergency, Somebody's Going to Jail"

22 février 2012

Savoir choisir ses obsessions : check.

Je ne dirai plus que je ne gagne jamais rien.

Lundi 13 février :


 Mercredi 22 février :  



J'ai fort bien choisi mon obsession du moment.
J'envisage de jouer au loto avec les chiffres 221, 1895 et 1058.

19 février 2012

L'avant-première de Sherlock saison 2, le récit

Attention, c'est long et un peu bordélique.

Avertissement : Comme d’habitude, il se peut qu’un spoiler se soit glissé dans tout ce fangirling, donc bon, lis à tes propres risques.
Mais sérieusement, qu’est-ce que tu attends pour aller regarder Sherlock tout de suite ? Si tu commences maintenant, tu n’en as que pour 9h et ta vie ne sera plus jamais la même.
Alors rejoins-nous. Rejoins-nous et toi aussi, attends 18 mois pour avoir 3 merveilles d’épisodes d’1h30 diffusés sur 3 semaines et se terminant par un cliffhanger inhumain. Rejoins-nous et savoure le génie sadique de Moffat, Gatiss, McGuigan et Thompson et la meilleure résolution de cliffhanger que j’aie jamais vue (quiconque a vu le 1er épisode de la saison 2 ne me contredira pas parce que, hein, franchement ?)
Profite dès maintenant de notre offre exceptionnelle et reçoit en prime un compte Tumblr pour suivre les gifs, les montages, les fanfictions et les théories (on doit attendre 1 an à 18 mois pour avoir la suite. On compense comme on peut.)

Depuis mes 15 ans, je pensais en avoir fini avec ce genre d’explosions émotionnelles. Je suis quelqu’un d’enthousiaste, voire de passionné avec les choses que j’aime, quiconque m’a fréquentée un minimum pourra en témoigner (sauf mes amis canadiens, apparemment). Et pourtant, de lundi à mercredi, ça a été un feu d'artifice d'émois fangirlesques entre Montrouge et Paris.

Il faut savoir que, depuis peu, Sherlock a rejoint A La Maison blanche et The Practice au panthéon des séries qui feront pâlir pour toujours le reste de  la télévision.

Lundi, j’ai découvert que j’avais gagné une invitation pour l’avant-première de la saison 2 de Sherlock, à France Télévisions, en présence de Steven Moffat, celle-là même à laquelle avait été invitée Antoinette. (Steven Moffat, je le redis pour bien mesurer l’ampleur du truc, est le co-créateur de la série et le scénariste de 2 des 6 épisodes.)(C’est également un troll de première sur Twitter, mais ça c’est un autre débat.)

Je n’épiloguerais pas sur la probabilité que nous ayons été toutes les deux invitées par deux biais différents à cette avant-première, l’improbabilité de toute cette situation ayant déjà été un thème majeur du séjour qu’on a retourné sous tous les angles.

Mardi, Antoinette a débarqué et c'était parti pour 2 jours de haute tension et de courtes nuits.

Pour commencer, et pour ce qui est de passer une chouette Saint-Valentin, je recommande les ingrédients suivants : une amie/co-fangirl/coloc virtuelle, Le Chien des Baskerville, l’appart dans le noir parce qu’on est des oufs-même-pas-peur, du chocolat, des fous rires nerveux (« Demain, on voit Moffat ! ») à des moments totalement inappropriés et quelques oreilles à martyriser. On peut aussi nommer ça la « préparation psychologique ».

 ("Look, John, they're taking the hobbits to Isengard.")
Il est toujours bon de savoir qu’en situation de tension et de craquage émotionnels, et même en étant globalement sûre de sa propre intelligence, il est des moments où les nerfs l'emportent sur la capacité de raisonnement (« On va pas avoir le droit de prendre des photos, y aura plein de journalistes ! », ainsi raisonne la fangirl en état de stress intense.)

Le soir venu, à l’occasion d’un moment de grande lucidité, on a dû accepter l'évidence que dormir était pour le moment hors de question, même s'il était tard et que je devais être au travail à 8h. La seule réaction appropriée a alors semblé être de m'asseoir dans le noir et passer quelques temps les yeux dans le vague et la bouche ouverte (la « Merlin face ») en murmurant des monosyllabes  « Non, mais... Mais non, mais quoi... Putain... Mais.... » (Bon, et un ou deux bisyllabiques, on peut être une fangirl et avoir fait des études, tout de même.)

Et, bien sûr, c’est au moment où le sommeil semblait sur le point de triompher, que la révélation m’est tombée dessus, impitoyable et faisant fuir tout espoir de m’endormir dans un avenir proche: « Mais je peux pas dormir, quand je vais me réveiller, ce sera le jour où on va voir Moffat ! »

Après une longue, très longue journée de travail passée à lutter pour garder les yeux ouverts devant une télénovela et à essayer de percuter que le soir même, je me trouverai dans la même pièce que Moffat-le-maître, a pu commencer la phase d’attente insupportable des dernières heures à attendre.

Ne sachant trop comment appréhender tout ce temps qu’il nous restait à attendre, tremblantes de froid malgré la température relativement douce et une boule dans le ventre, on a finalement décidé de se changer les idées en regardant New Girl et en ayant des réactions exagérément violentes au moindre développement.

A la fin de l’épisode, la phase de préparation a pu débuter (« Plutôt la robe à fleurs ou la jupe en velours, à ton avis ? ») avant le lancement de l’expédition « En route pour France Télévisions ».

(Oui, c'était moi. J'ai tué Mycroft avec mon parapluie. Ca lui apprendra.)
Une fois dans le hall de France Télévisions (bonsoir, Laurent Romejko), en attendant de pouvoir entrer au paradis promis (car on avait bien sûr 40 mn d'avance et on était loin d’être les premières), on en a profité pour écrire la saison 3 de Sherlock, tout du moins un cliffhanger final, fort crédible et tout à fait probable. On n’a plus qu’à le soumettre à Gatiss, Moffat & co, il est sûr de remporter tous les suffrages.

Après avoir poireauté encore un peu plus à regarder en boucle les bandes annonces des séries de France 4, on a pu entrer et trouver des places stratégiquement situées. C’est alors, au moment où on allait s’assoir que je me suis retournée. Derrière nous, de l’autre côté d’une allée qui fait maximum 1,5 m de large et pile derrière nos sièges, un détail nous a envoyé toute la réalité de la situation dans la tronche.


Et, pour répondre à ta question, Romé, non on ne lui a pas fait peur. On a même été sages et aussi civilisées que possible. A moins bien sûr, que, de sa place privilégiée juste derrière nous, il n’ait été témoin de certaines de nos réactions au début de l’épisode et des échanges de regard à chaque fois que « Oh my god, Reichenbaaaaach… »

Une présentatrice est venue faire un petit speech d’introduction et c’est là qu’on a dû se retenir de pouffer quand la présentatrice a comparé France 4 à BBC 3, parce que LOL, quoi. « On passe aussi beaucoup de séries. » Et tu as produit quoi que ce soit du niveau de Sherlock, sinon ?

C’est alors que les lumières s’éteignent et que commence l’épisode Un scandale à Buckingham. C’est en réalisant que l’épisode est diffusé en VOST et non en VF qu’il a fallu contrôler une 1re réaction violente de bonheur. La perspective d’1h30 bercée par la voix de Benedict Cumberbatch a alors pu se blottir confortablement dans nos cœurs de fangirl.

L’épisode s’est révélé meilleur que jamais (merci, le grand écran), malgré les réguliers détails rappelant Reichenbach-le-terrible et notre amour pour Martin Freeman n’a cessé de croître avec chaque minute et chaque expression faciale.

Moffat-le-maître est ensuite descendu sur scène pour une séance de questions-réponses. La plupart des questions s’est révélée plutôt intéressante, sauf 2 qui portaient sur la communauté de fans (scoop du jour : les scénaristes de Sherlock ne lisent pas et ne s’inspirent pas de fanfictions. AH BON ?) Et on ne remerciera pas le présentateur, très fier de lui, pour sa question sur Elementary (une adaptation américaine de Sherlock Holmes qui se passe à Chicago au 21e siècle, très original) qui n’a récolté que les « No comment » qu’elle méritait de Steven Moffat et de Sue Vertue (productrice).


Et sinon, apparemment, « French people speak like trains. »

Tout ce qu’il reste à dire, c’est que le lendemain au travail fut difficile. Très difficile.

Merci à mes oreillers qui ont payé de leur personne pendant 2 jours, tant pendant Le Chien des Baskerville que pendant New Girl ou encore dans la phase prostrées à se répéter « Je réalise pas mais j'ai peur. »
Merci Steven Moffat pour vos réponses si British et aussi pour être un génie.
Merci Antoinette pour 48h de fangirlisme éhonté, de prostration, de fous-rires incontrôlables et de discussions d’un haut niveau intellectuel.


Pour moins de fangirling et plus de contenu sur la saison 2, c'est ici.

J'ai un vrai problème de concision quand il s'agit de Sherlock.