De la même manière que je suis prête à me jeter sur le premier abonnement de théâtre qui me passe sous le nez quand je retourne voir une pièce après une période de hiatus théâtral, à chaque fois que je remets les pieds dans un fest-noz suite à une inactivité prolongée, j'en ressors en me répétant : "Des mois sans danser, PLUS JAMAIS."
Heureusement, comme le dit le très célèbre dicton, l'avant-deux de travers, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie jamais.
(Cet article a été publié le 10/10 à 10:10 parce que je m'éclate comme une petite folle.)
Puisque ça fait quelques années que j'ai décidé de faire des bilans à mon anniversaire et que j'adore faire des bilans, il n'y a pas de raison que cette année échappe à la tradition.
Pour commencer et sans vouloir jouer la fille qui fait une fixation, il y a un an, j'étais à une soirée jeux-Thanksgiving canadien alors oui, je l'ai quand même un peu mauvaise d'être aujourd'hui dans mon appartement de Montrouge.
Cela dit, il y a un an j'étais au chômage, sur le départ et sans aucune idée de ce qui m'attendait. Il y a quand même du progrès.
Si on remonte encore un peu plus dans le temps, il y a deux ans, j'avais supputé sur ce que l'avenir me réservait.
Tout va bien, le temps l'a permis, avant mes 25 ans, j'ai effectivement :
- déménagé...
- dans un appartement plus grand (bon pas beaucoup plus grand, mais ne chipotons pas)...
- à Montrouge (qu'on assimilera à Paris, parce que bon)...
- obtenu mon diplôme...
- fini mes études...
- décroché un boulot à plein temps non en tant que perroquet/validatrice mais en tant que rédactrice/sous-titreuse, ce qui est encore mieux et j'ai même...
- rendu ma première traduction payée de freelancer.
Parfois, entre deux lettres des impôts et à 25 ans moins cinq jours (ah ah aaaaah), la jeune adulte décide de prendre sa vie en main et de ne pas laisser l'araignée de la salle de bain l'acculer dans un coin (oui, à elle toute seule, c'est fourbe une araignée), prostrée à pleurer en rassemblant son courage avant d'aller massacrer en tremblant l'arachnide mais plutôt d'aller relâcher la bestiole dans la jungle montrougienne.
(En résumé : soyez fières. J'ai relâché une araignée au lieu de présenter une de mes ballerines à sa tronche d'arachnide dégueulasse.)
Cela dit, il est bon de noter que ma coloc a rejoint ses pénates avec un timing parfait et personne, personne ne pourra jamais témoigner de la durée exacte du processus ni d'éventuels rebondissements impliquant la chute du gobelet de transport de l'araignée suivis de hurlements perçants et bonds en arrière qui ne sont bien sûr jamais arrivés.
Le temps d'un week-end à Strasbourg, retrouver ses habitudes qu'on croyait oubliées et s'en créer de nouvelles, même en l'espace de trois jours.
Retracer ses propres pas et redécouvrir des endroits familiers d'un œil presque neuf.
Peut-être, même, s'asseoir un moment place d'Austerlitz avec un livre et se fondre dans la ville, écouter les gens vivre autour de soi et s'imaginer, juste une seconde, qu'on n'a pas un train à prendre le lendemain.