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14 août 2012

L'otite, boosteur de créativité

J'ai inventé un nouveau jeu.

Ça s'appelle "Trouve dans tes placards le plus d'aliments possibles que tu puisses manger sans avoir l'impression que ta mâchoire va tomber et ton oreille exploser avant d'aller avaler ta boîte d'antidouleurs et pleurer dans un coin."

Le premier qui arrive à croquer dans une pomme sans s'évanouir a gagné.


("Je vais vous prescrire des antidouleurs." Ce moment où ma semaine s'illumina soudainement.)

(Je souffre et il est capital que tout le monde le sache.)

(CAPITAL.)

12 août 2012

Priorités, toujours

Apparemment, pour peu qu'on soit totalement absorbée par ce qu'on fait (chanter 'Ne me quitte pas' à son thermos ou écrire la vie sentimentale de Hamish Watson-Holmes, par exemple), il est tout à fait possible d'oublier qu'on a la tête enroulée dans trois couches d'aluminium.

7 août 2012

Bonjour, je suis encore plus chiante qu'avant

Voici un article qui n'intéressera personne (ça tombe bien, plus personne ne vient) mais qui m'évitera peut-être un ulcère dans quelques années.

Je vous présente 6 trucs sans ordre particulier que je ne supporte plus depuis que je bosse comme sous-titreuse et que je fais des contrôles qualités (et encore plus depuis que j'ai passé DEUX JOURS complets à relire des émissions de jardinage.) Et je vous avais prévenus que ça ne vous intéresserait pas.

1) Les gens qui abusent des majuscules partout (une majuscule à "yucca"... pourquoi ?). Alors, oui, j'avais tendance à le faire aussi avant mais non. Y a des règles quant à l'usage des majuscules, apprends-les, crétin.

2) Les gens qui ne savent pas placer la ponctuation (on met un espace avant le point d'interrogation ou d'exclamation)(et oui, on met un espace avant le signe %)(et d'où tu mets des majuscules après deux points ?)

3) Les gens qui ne vérifient pas l'orthographe des noms propres ou de certains mots compliqués (spéciale dédicace à l'Auteur).

4) Les gens qui découpent leur sous-titres n'importe comment. Tu mets un déterminant à la fin de ton sous-titre et le nom dans le sous-titre d'après ? VRAIMENT ? Ce n'est même pas de la technique de sous-titrage, c'est du bon sens.

5) Les virgules de l'étrange, genre entre sujet et verbe... POURQUOI ? Je suis la première à abuser de la virgule alors si même moi, je trouve que tu utilises trop de virgules, c'est que tu as un problème, un vrai.

6) Trouver des noms de séries ou de films non traduits. C'est ton travail de chercher, mon grand et en France, Law & Order, ça s'appelle New York police judiciaire.

(Qu'on soit bien clairs, dans ta vie, tu fais ce que tu veux, tu écris comme tu veux tant que tu ne me forces pas à le lire. Si tu te dis sous-titreur ou traducteur, tu apprends les putains de règles de base du français.)

27 juillet 2012

La manière forte

Suite au décès prématuré de cinq sur mes sept jeunes pousses de coquelicot, ma mère et moi avons décidé de passer à des méthodes un peu plus radicales pour motiver les deux survivantes à pousser.

"Rory, John, vos ancêtres ont tellement déchiré que Monet les a peints et qu'ils sont aujourd'hui exposés au musée d'Orsay. Alors, on se bouge un peu."
Sinon, sur un autre sujet, ma mère a apparemment décidé qu'il était vain de tenter de combattre mes obsessions et qu'il était bien plus simple de les tolérer, voire de les nourrir.
Du coup, grâce à elle, la déco de mon appart tend de plus en plus vers le total look coquelicots.

(Elle a même accepté de me suivre dans la salle des Van Gogh du musée d'Orsay, mais il faut dire qu'elle ne savait pas que j'allais lui désigner du doigt L'Eglise d'Auvers-sur-Oise en m'extasiant : "Regarde, il n'y a plus de monstre à la fenêtre de l'église, c'est grâce au Docteur et à Amy !" Après, par contre, il se peut qu'elle ait regretté son choix.)

19 juillet 2012

Instinct

Parce qu’il arrive que suivre son instinct se révèle payant, je me suis retrouvée ce week-end à acheter sur un coup de tête une place pour L’Avare ce mercredi soir (hier, donc). Partie pour consulter le programme de Paris : Quartiers d’été par simple curiosité, je n’ai su résister à l’envie de réviser mes classiques.

Par Agatha Christie, cette idée s’est-elle révélée lumineuse.

Ainsi, sans aucune autre information que la nationalité afghane des comédiens et toujours un peu sous le coup du traumatisme MacBeth (oui, toujours…), me suis-je pointée avec Bilbo sous le bras dans un théâtre du 13e.

(Ceci est un article sans transitions et qui le vit bien.)

1) Le détail technique auquel je n’avais pas réfléchi (pourtant, c’était indiqué dans le programme) : qui dit troupe afghane, dit pièce en persan et dit surtitrage (c’est mieux). Cela tombait fort à propos pour que je puisse m'adonner à une petite étude de cas sur le terrain. (Une traductrice ne connaît pas le repos.)(« Han, là, y a une faute. »)(« Ah, je n’aurais pas découpé comme ça. »)(« Donc là, on peut aller se faire voir pour comprendre ce qu’ils racontent ? »)

2) La pièce était transposée dans l’Afghanistan d’aujourd’hui. Je peux vous garantir que Valère esquissant un petit pas de danse orientale pour redonner le sourire à Elise, ça fait son petit effet. Tout comme Harpagon reprochant à son fils de le ruiner par son équipage trop luxueux et pointant du doigt les Converse de ce dernier.

3) Le dénouement m’amène à la théorie suivante dont je ne démordrai pas : un soir où il était raide déchiré, le Docteur a sauté dans son Tardis, est parti chercher Molière, l’a ramené au 20e siècle et depuis, il écrit des scénarios pour Amour, gloire et beauté.

4) La mise en scène, oh, doux Sherlock, la mise en scène. J’en étais fatiguée pour le comédien jouant Harpagon. Je pense également que jamais représentation d'une pièce de Molière n'a mis en scène autant de bananes.

5) Je pense que le moment le plus… Je ne crois même pas qu’il y ait de mot pour décrire ce qu’a ressenti la salle lorsque Frosine, l’entremetteuse transsexuelle afghane s’est saisie de son téléphone portable et a proposé d’appeler le mollah Omar (« Non ! ») puis Barack Obama  (« Oui !! ») pour lui demander d’intervenir pour résoudre la situation matrimoniales des personnages principaux (où c’est un tout petit peu le bazar, je maintiens mon point 3)(Et je n’invente RIEN.) Je crois qu'on a retrouvé le brouillon de scènes que Jean-Baptiste nous avait cachées, le filou.

Je soupçonne Harpagon de consommer quelque substance illicite.

Mercredi soir, puisque j’ai cette fâcheuse tendance à oublier régulièrement que le théâtre, même en dose homéopathique, me rend tout de même la vie plus douce, j’en ai donc profité pour retomber amoureuse du théâtre et de Molière.

A l’avenir, je tâcherai simplement de me souvenir qu’écouter Avenue Q lorsqu’on déborde d'euphorie post-théâtrale n’est pas conseillé. En effet, je doute fort que quiconque ait envie de m’entendre piailler « If you were queeeeer, I’d still be heeeere » à 23h dans le métro.

Ah, et aussi, écrire des brouillons d’articles de blog pleins d’amour au verso de mon itinéraire GoogleMaps dans un métro qui bouge n’était pas l’idée du siècle.
(D’ailleurs, le monsieur assis en face de moi a eu l'air de penser qu’il était en train d’assister à la genèse d’un chef d’œuvre de la littérature. Désolée, monsieur.)

18 juillet 2012

Brêve musicale

Il faut vraiment que j'arrête d'écouter ma playlist Disney au boulot parce qu'un jour, un collègue va entrer dans mon bureau pendant que je lèverai ma bouteille d'eau vers le plafond en chantant "C'est l'histooooooiiiiiiire de la viiiiiiie."
(Je sais, c'est follement original.)
Ou, pire, il me trouvera debout sur mon bureau, à brandir ma lampe et à crier "Je saurai faire de vrais hommes de vous !"

Et je n'ai pas besoin de ça.
Vraiment pas.