Alors, c'est pas pour semer la panique ni rien, mais d'après les flux RSS sur Netvibes, le dernier article de ma coloc a été posté depuis le futur.
Keep calm, carry on. On recule doucement de son ordinateur, on se saisit de ses rations d'urgence et on se dirige dès que possible vers l'abri antiatomique le plus proche. On ne sait jamais.
J'ai acheté un feutre indélébile pour écrire une ou deux citations sur ma bibliothèque.
La... la situation a un peu échappé à mon contrôle.
J'ai officiellement la théière la plus badass au monde.
Les citations de la première photo :
"There comes a point in life, it seems to me, where you have to decide whether you’re a Person of Letters or merely someone who loves books, and I’m beginning to see that the book lovers have more fun. Persons of Letters have to read things like Candide or they’re a few letters short of the whole alphabet ; book lovers, meanwhile, can read whatever they fancy." Nick Hornby, The Polysyllabic Spree
"There is nothing wrong with doing things just because they are awesome." John Green
"Every fairy tale needs a good old-fashioned villain." Sherlock 2.03
"My thoughts are stars I can't fathom into constellations." John Green, The Fault in Our Stars
Le problème quand on aime les trucs un peu obscurs et qu'on aime acheter des tee-shirts en rapport avec, c'est qu'on peut se trouver bête si on ne tient pas spécialement à se lancer dans l'historique de comment on est devenue une nerdfighter et comment on s'est retrouvée à regarder Crash Course.
"C'est quoi, ton tee-shirt? C'est écrit 'We're...'"
"'We're the exception'. C'est un guerrier mongol. C'est... une longue histoire."
Bourriquet est un nerdfighter, mais il ne comprend pas tout ce qui se passe dans cet appartement.
Pour en savoir plus sur les nerdfighters, c'est beau, c'est magique, on va dans l'onglet "Awesome Stuff" en haut.
Aujourd'hui, une stagiaire de la promotion 2012 de ma fac est arrivée dans ma boîte.
Quand j'ai débarqué dans mon bureau, la collègue qui le partage avec moi était en train de sous-titrer un programme sous ses yeux attentifs.
Bien sûr, quand à 16h ma collègue a eu fini sa journée, elle est partie en laissant la stagiaire, à l'écouter, dans les mains de la meilleure sous-titreuse de la boîte. (Oui, c'est moi. Mes collègues ont une foi étrange dans mon travail.)(J'ai dit "à l'écouter", hein.)(Je ne m'auto-proclame pas meilleure sous-titreuse de ma boîte.)(Si c'est pas clair, je peux écrire un paragraphe entier sur la différence entre rapporter ses propos et avoir un orgueil surdéveloppé.)(Mais il semble que je m'égare.)
Après avoir discuté un peu avec elle de la fac, du mémoire et des exams ("Vous aurez quand les résultats ?" "Demain." Ah...), et parce qu'elle était là pour voir comment je bossais, j'ai ensuite commencé à travailler sur mon programme.
C'est donc toujours sous ses yeux attentifs que j'ai entrepris de bafouiller, me tromper de touches, ne plus savoir taper, oublier à peu près toutes les normes que je connaissais par cœur et créer des sous-titres ridiculement longs et incohérents.
Depuis que j'habite à Montrouge (soit 6 mois), à chaque fois que je me trouve à expliquer que je vis en région parisienne et/ou que je n'en suis pas originaire (certes, je suis née à Pontoise et j'ai vécu à Conflans et Cergy mais j'en suis partie à 4 ans. Ça ne compte pas), plus ou moins la même chose se passe.
"Et tu t'y plais ?" Me demande mon interlocuteur, un grand sourire enthousiaste sur le visage, s'attendant de toute évidence à ce que je lui détaille ma trépidante vie sociale et culturelle parisienne.
"Euh... mouais, ça va." Réponds-je en essayant de manifester un semblant de plaisir à habiter dans une ville limitrophe de la 1e destination touristique au monde.
Après quoi, mon interlocuteur me regarde avec un air intrigué et légèrement déçu jusqu'à ce que j'explicite et que je précise que "Non, pour l'instant, ça va, mais il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps."
Alors, non, je n'aime pas particulièrement Paris et j'aime encore moins vivre à proximité.
C'est trop grand, il y a trop de monde partout, les gens ne sont pas aimables.
J'ai peur d'y faire du vélo et je suis obligée de prendre un, voire plusieurs métros pour aller où que ce soit.
Je dois prévoir tous mes déplacements pour savoir comment me rendre où je veux, combien de temps ça me prendra, est-ce que j'ai le temps d'y passer avant d'aller au travail.
Il fait moche tout le temps et c'est pollué.
Je paye un rein et 240 € de plus par mois pour un studio 4m2 plus grand que mon appartement d'étudiante à Strasbourg et dans lequel je ne pourrai jamais caser toutes mes affaires.
C'est vrai qu'il y a plein de librairies anglophones et à peu près tout ce dont on peut avoir envie.
Mais à quoi ça me sert s'il faut mettre 3 plombes pour y aller et se farcir un métro rempli de connards malpolis juste pour voir si une boutique a le dernier John Green pour 3 fois le prix que je l'ai payé sur Amazon ou la suite de la série des Isabel Dalhousie ?
Cet article est placé sous le signe du "J'habite à Paris et je vous emmerde."